Sa bibliothèque

Dante et Sappho avant tout, puis Ronsard, Chénier, Pétrarque.
Parmi les modernes : Nietzsche, Mallarmé, Flaubert, Baudelaire, Verlaine, Judith Gautier, Maupassant, Pierre Louÿs, Charles Cros
et chez les anglo-saxons : Swinburne, Dante-Gabriel Rossetti, Poe, Shakespeare, Keats.

Arrêtons-nous un moment sur Charles Cros (1842-1888) que Renée Vivien affectionnait beaucoup. En 1903, elle financera d'ailleurs la réédition de son recueil Le Coffret de Santal chez l'éditeur P.V. Stock.
Ami de Verlaine et de Rimbaud, Charles Cros fut membre de divers groupes de poètes. Auteur inclassable, il brillait par son style parnassien imprégné d'un lyrisme amer et d’une mélancolie profonde. Il fut également un précurseur du surréalisme, avec des poèmes modernes et parfois ironiques tel Le hareng saur, L’orgue, Hiéroglife.
Verlaine le présenta en 1884 parmi ses Poètes Maudits. Il figure également dans Le Deuxième Parnasse Contemporain (1871).

La nature

Les fleurs, les parfums, la mer, les couleurs et les paysages font partie intégrante de l’œuvre de Renée Vivien.
Parmi les fleurs, elle affectionnait tout particulièrement les violettes. Pourquoi ces fleurs ? En souvenir de sa meilleure amie d’enfance, Violette Shillito, jeune pianiste et écolière surdouée, avec laquelle Vivien partageait une même passion pour Dante et la poésie. Les violettes sont également citées dans l’œuvre de Sappho à qui Vivien vouait un culte.
C’est d’ailleurs pourquoi la couleur violette est devenue emblématique de la communauté homosexuelle féminine.


Les voyages

Vivien voyageait beaucoup, parfois jusqu'à six mois dans l'année.
Ses lieux de prédilections : Mytilène, Constantinople, et le Japon qu'elle découvre en 1906.

Quelques voyages :

1903 : Madrid, Tolède, Séville et Londres.

1904 : visite d’une quinzaine de villes en Allemagne, Hollande, Suisse et Italie.

1905 : Menton, Gênes, San Remo, Londres, Mytilène, Constantinople, Ultrecht, Lorelei, Cologne, Bâle, Fiesole, Florence, Bellagio, Londres.
Long voyage méditerranéen : Genève, Naples, Capri, Corfou, Athènes, Smyrne, Jérusalem, Bethléem, Le Caire, Alexandrie.

1906 : Nice, Marseille, le Japon, et quatre voyages Mytilène-Constantinople.

1907 : Naples, Londres. Le Japon en août et septembre.

Vivien parlait peu de ses voyages mais une lettre a été retrouvée dans laquelle on peut lire ce beau passage : "J'ai entrevue la merveille égyptienne, l'enchantement des Pharaons disparus, Isis aux ailes vertes qu'elle étend en signe de protection sur les morts, Anubis à tête de vautour qui pèse leur coeur dans la balance suprême, Néphtys, la déesse qui attend et qui considère l'âme craintive.
Oui, j'ai vu tout cela et je suis revenue avec le désir de voir encore, de voir autre chose, de voir jusqu'à ce que je devienne aveugle, de tout voir sur la Terre et de voir jusque dans l'Au-delà. On ne voit jamais assez loin, on ne voit jamais assez."
*1

(*1 ) : Lettre citée par Jean-Paul Goujon, Tes blessures sont plus douces que leurs caresses, p. 218.

 

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