Articles
Articles de 1902 à 1926 :
Revue Histoires littéraires : l'humour et l'ironie de Renée Vivien au quotidien
L'Echo de Paris : article clairvoyant de Fernand Hauser
Fernand Vialle, je cite: "genre dépravé "
Mercure de France : À lheure des mains jointes
Pierre Borel : un des critique qui tenait une correspondance avec Renée Vivien
Autour de la mort de Renée Vivien :
Témoignage de Pierre Loüys, ami de la poète
Annonce du décès de Vivien dans la presse
Articles plus récents :
Introduction de La Venus des Aveugles, 1992
Fichiers pdf sous Acrobat Reader
Ces articles sont, conformément au code de la propriété intellectuelle, sous la propriété des auteurs cités. Pour toute utilisation, il est impératif de demander l'autorisation aux auteurs.
Revue Histoires littéraires
octobre 1903
n° 5, 2001
de Jean-Marc BoscherRenée Vivien au quotidien
On se tromperait fort si lon ne voyait dans Renée Vivien que la sombre prêtresse des amours saphiques : « Je nai jamais vu Renée Vivien triste », notait Colette. Et, dans son uvre même, surtout en prose, on trouve ça et là un humour qui, pour sembler imprévu, nest pas moins assez caractéristique de sa personnalité. Et que dire de sa correspondance à Charles-Brun (plus de cinq cents lettres, encore inédites), qui atteste un esprit ironique et presque facétieux ? La lettre que nous donnons ci-dessous (communiquée par W. Théry) est adressée au critique Jean Ernest-Charles, qui avait publié un article élogieux sur Vivien dans la Revue bleue du 3 octobre 1903. Par la suite, Ernest-Charles devint, tout comme sa femme Louise Faure-Favier, un intime de Vivien, qui les invitait à ses soirées de lavenue du Bois.
Cette dernière collabora aussi du Censeur, revue dErnest-Charles.
Cependant, elle entendait rester entre amis et, dans une autre lettre, avertissait son fougueux admirateur : « Ne me présentez pas dhommes politiques, je vous en prie : je ne saurais pas leur parler. Et je ferais des gaffes énormes »Octobre 1903
Monsieur,
Je ne sais si, comme moi, vous aurez reçu une éducation protestante et biblique, mais vous avez dû patiemment et perfidement méditer ce verset :
« En agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur ta tête »
Votre article, trop aimable et trop flatteur pour mes volumes, réveille en moi un ancien remords, que je croyais définitivement assoupi. Si vous navez point lâme implacable dun clergyman, éreintez mes prochains volumes. Vous me délivrerez ainsi de ce remords gênant. Immolez la future « Vénus des Aveugles » sur le bûchez où vous avez déjà égorgé « les Paons ».
Vos paroles marrivent atténuées par le brouillard de Londres, où jirai, au printemps, planter des choux, puisque Londres est le seul coin de paisible verdure que le télégraphe et le chemin de fer aient épargné pour la joie des solitaires.
Vous mavez porté malheur, Monsieur. Depuis que vous mavez ironiquement qualifiée de jeune génie, ma main droite sest asséchée, et je ne puis plus écrire. Je succombe sous le poids de léloge. Vous vous êtes cruellement vengé.
Et pourtant, je suis bien excusable. On mavait dit que vous étiez un conférencier mondain. Jai évoqué limage de Georges Vanor (ah ! la Bodinière ! ah ! ma chère !) et, vous comprenez :
« Jai fui, comme devant un reptile couché. »
Je suis, dailleurs une solitaire aussi farouche quanglo-saxonne, aussi anglo-saxonne que farouche.
Agréez, Monsieur, mes meilleurs, sentiments de confraternité littéraire.
Renée Vivien
---------------------------------------------------
Le poète R. Vivien...
R. VIVIEN : Cendres et Poussières (A. Lemerre,1902, in 18 de 120p., 3fr.50).-
Il y a longtemps déjà que lheure a sonné du krach de la passion. Notre époque nerveuse, intelligente et si dogmatique est trop soucieuse dorgueils nouveaux, dextrême simplicité ou de rêves humanitaires, pour sattacher aux joies et aux douleurs dune intime et concentrée luxure. Même en amour, elle veut que chacun de ses gestes se répercute sur lavenir ; elle est préoccupée que chacune de ses paroles soit lourde dune signification ; elle met un enseignement dans chacun de ses cris.
R. Vivien sera peut-être le seul Poète, parmi toute la jeunesse présente, qui se sera complu aux belles frénésies et aux langues endolories dun amour sans symboles. Car voici que Cendres et Poussières est un recueil de poèmes dune note et dune forme presque nouvelle à force dêtre lointaines, puisque, étant parnassiens, ils ont aussi, exclusivement,
"Pleins de baisers plus doux que le miel dhyacinthes"Une âme artiste, remplie de tristesse et dexaltation, sy réalise toute, sans arrière-pensée, dans un sanglot de plaisir ou dans la génuflexion qui labat humblement aux pieds de la bien-aimée. On sent que cest de cette splendide sincérité que palpite toute son existence. La pourpre passion y jette continuellement son reflet, et chaque chose sen revêt fatalement. Il ny a pas, pour cette âme, dheures platoniques. Pour elle, la vie, dans toutes ses manifestations, a pris la forme dune femme. Cest ainsi que lautomne devient cette bacchante exaspérée
"Davoir bu lamertume et la haine de vivre
Dans le flot triomphal des vignes de lété"
et que la mer est une « sirène aux cheveux rouges comme le soir ». Et si, après que linsatiable désir a laissé sur le cou blême de lamante « la marque verte et sinistre des doigts », une velléité momentanée emporte le poète vers la mer, si tout son être se révolte dans une clameur : -" Loin des langueurs du lit, de lombre et de lalcôve
Jaspirerai le sel du vent et lâcreté
Des algues et jirai vers la profondeur fauve,
Pâle de solitude, ivre de chasteté ! "-cest que chasteté ne naît que de la suprême tentation, et que, mieux que personne, les ascètes des déserts ont dû sentir vivre en eux le reptile inexpugnable dont parle Sapho.
Cest pourquoi, aussi, le goût de la mort demeure dans cette âme, quoique si payenne, si fraternellement unie au rêve grec, et donne à tous ses chants ce ton pathétique et sombre qui, involontairement, profondément, nous fait songer au sortilège de certaines contraltos.Michel ARNAULD
--------------------------------------------------------
Echo de Paris, 02 avril 1903
Article : Figurines
Renée Vivien
Savamment à lécart des cénacles littéraires et des fabriques de réputation, elle enveloppe sa vie discrète, en un mystère impénétrable.
Hier inconnue, aujourdhui notoire, elle a publié cinq volumes en deux années, -les deux derniers sont nés hier, Évocation, et une traduction des uvres de Sapho.
Dexcellents critiques, comme Charles Brun et Ernest Charles, ont salué la venue de ce poète au talent frais et souple, qui, par un étrange et savoureux mélange, allié à un modernise aigu une merveilleuse science de lantique.
Les poèmes de Renée Vivien, à la métrique parnasienne, à la forme classique, sont ciselés comme des médaille : on admire la sûreté de leur contour, et lon sétonne de la pureté du trait, qui évoque avec bonheur telles petites pièces de lanthologie grecques.
Cette poétesse, qui déconcerte souvent, a, me semble-t-il, à la fois la clarté et lamour de lombre ; elle adore aussi les nuances délicates et subtiles, et cela se voit dans les rythmes fluides et vaporeux de sa prosodie. Mélancolie exaspérée, joie farouche, enivrement, lassitude, variété de la passion humaine, idéaliste éperdu, qui sanglote dans un effort vers la conquête de limpossible, et la possible et la possession de limmatériel, et jusquà la vision désespérément attirante de la mort, tout est réuni, en luvre de Renée Vivien, pour dire la tristesse dune âme peu commune, et qui se crée peut-être des motifs raffinés de souffrir.
Or, cela, nest-ce pas la poésie même ? Ces contradictions apparentes ne sont-elles pas expressives, au plus haut point, de la sensibilité contemporaine, si agitée, et si frémissante ?
Ces états dâme, si divers, ne nous révèlent-ils pas, à travers luvre de Renée Vivien, non seulement un poète maître de son art, mais encore un poète sincère ?Fernand Hauser
--------------------------------------------------------
Revue La Brise, mai 1904
Une femme mapparut, roman de RENÉE VIVIEN (Lemerre, éditeur). _
Quelques-unes des précédentes uvres de Mme Renée Vivien, Brumes de Fjords, par exemple, avaient attiré lattention des lettrés, et notre collaborateur Henry Surchamp avait loué sans restriction ce volume plein de promesses.Aujourdhui Mme Renée Vivien, satisfaite des premières moissons de lauriers et voulant en récolter dautres, accumule volumes sur volumes avec une fécondité qui réjouirait M. Piot, si elle sexerçait dune autre façon. Eh ! mon Dieu, cela vaudrait beaucoup mieux, car réellement La Vénus des Aveugles et Une Femme mapparut, pour ne citer que les derniers nés, indiquent une orientation vers un genre dépravé et dune psychologie maladive.
Et je ne parlerai pas du nouveau livre, nayant pas eu le courage daller jusquau bout ; mais une grande mélancolie menvahit en songeant quune femme dont le sens poétique est indiscutable et dont le talent se serait magnifiquement affirmé, ait consenti à patauger dans une littérature dont seuls peuvent se réjouir les hystériques et les névrosés !
Fernand VIALLE
--------------------------------------------------------
Ernest-Charles, Pierre Quillard, Charles Maurras furent les critiques influents à saluer Renée Vivien.
Revue Mercure de France, 15 janvier 1907
Revue de la QuinzaineÀ lheure des mains jointes
Les dernières strophes retrouvées de Sapho contiennent dâpres invectives à une amante infidèle qui a trahi lamour dun homme son impérieuse maîtresse ; si des fragments comme :
" Je taimais, Atthis, autrefoi s"
avaient laissé quelque doute aux critiques vertueux sur la nature du sentiment qui animait la grande Lesbienne à légard dEranna ou Dika, les vers nouvellement exhumés les détromperaient aussitôt.
Mme Renée Vivien entend quon ne se méprenne pas : jamais elle na célé quelle voulût être de la lignée mytilénienne et elle pleure « comme on pleure une morte » la fille de la mer qui se livra aux caresses viriles :" Tes caresses et tes attitudes meurtries,
Ont enchanté le rêve épais et le loisir
De celui qui tapprit le stupide plaisir,
O toi qui fus hier la sur des Valkyries.Lépoux montre aujourdhui tes yeux si méprisants
Jadis, tes mains, ton col indifférent de cygne,
Comme on montre ses blés, son jardin et sa vigne
Aux admirations des amis complaisants.Garde ce piètre amour qui ne sait décevoir
Ton esprit autrefois possédé par les rêves
Mains ne reprends jamais lâpre chemin des grèves
Où les algues ont des rythmes lents dencensoir.Nécoute plus la voix de la mer entendue
Comme en songe à travers le soir aux voiles dor
Car le soir et la mer te parleraient encor
De ta virginité glorieuse et perdue. "Par delà les jours et la mort, elle espère troubler encore les belles jeunes femmes ; son long sanglot damour harmonieusement rythmé fera tressaillir leur chair :
" Pâles et respirant votre chair embaumée
Dans lévocation magique de la nuit
Direz-vous : « Celle femme est lardeur qui me fuit
Que nest-elle vivante ! Elle maurait aimée "Jamais éphèbe victorieux ne poussa un tel cri dorgueil et de défi au temps et se sachant haïe et insultée des pharisiens, la poétesse du moins se peut rendre à elle-même le témoignage de navoir point défailli sous le poids de la réprobation publique et davoir fait face au mépris et à linjure, sans rien abdiquer de sa volonté libre.
Pierre QUILLARD
--------------------------------------------------------
Note pour l'article suivant :
Pierre Borel évoque ci-dessous les quelques lettres échangées avec Renée Vivien.
Nous pourrons voir que Renée Vivien ne manquait pas dhumour et de répartie face à ses critiques. Elle nhésitait dailleurs pas à répondre avec courtoisie, à corriger les erreurs dites à son propos et à les remercier lorsquils ne la jugeaient pas pour ses poèmes saphiques.Cristie Cyane
Journal Les Nouvelles Littéraires, 02 janvier 1926
Documents nouveaux sur Renée Vivien
Durant lété 1906, à lépoque où Renée Vivien était encore pour beaucoup, inconnue, je consacrait à la poétesse de La Vénus des Aveugles un article dans le journal de Savoie.
Quelques jours après je reçus sur papier fleuri à gauche dune violette quaffectionnait Renée Vivien le mot suivant :
« Votre article vraiment trop aimable ma profondément touchée. Mes volumes ne méritaient vraiment pas vos éloges. Je suis cependant très heureuse davoir été aussi intelligemment comprise. Jusquici peu darticles mavaient fait autant de plaisir.
Il y a surtout une phrase ambiguë et qui me donne un doute sur la personnalité du signataire de cet article qui menchante et me laisse un trouble
Permettez-moi toutefois de relever quelques légères inexactitudes qui se sont glissées dans vos lignes charmantes.
Je ne suis pas : Madame, mais Mademoiselle.
Je ne suis plus jeune : jai vingt-sept ans.
Jai le regret davoir publié dix volumes au lieu de cinq en lespace de quatre ans.
Cest trop, cest beaucoup trop.
Je partage sur ce point lavis de tous mes critiques.
Je ne demeure point « claustrée » dans une maison « près du Luxembourg ».
Je ne possède point un buste de Baudelaire dont je naime point « les femmes damnées ».
Veuillez agréer, avec mes remerciements renouvelés pour votre intelligent et si fin article mes meilleurs sentiments de confraternité littéraire. »
Suivait la signature fine, élégante et comme caresseuse, tracée à lencre violette : Renée Vivien.
Jeus occasion à quelque temps de là voulant me renseigner plus exactement sur luvre de la poétesse de un livre sur elle.
Toujours à Paris, 3, rue Jean-Baptiste Dumas, je reçus ce mot :
« Je vous envoie avec le plus grand plaisir le livre que vous me demandez. Jaime quon me lise.
Mais pour la photographie, non. Je nenvoie jamais mon portrait à qui que ce soit. Cest une règle qui ne souffre pas dexception. »
Vers ces temps-là Renée Vivien quitta Paris pour se rendre à Mytilène, lîle de Sapho. De là, elle mécrivit :
« Votre lettre vient de me parvenir à Mytilène où je me reposais parmi les chers souvenirs et des paysages que jaime plus que tout au monde.
Nayant pas avec moi les livres que je vous avais promis je prie mon éditeur, M. Lemerre, de vous les faire parvenir ; de la sorte vous possèderez toute mon uvre »
Lîle de Sapho, jai su plus tard par un de ces administrateurs, M. Sansot, combien Renée Vivien laimait et combien elle oubliait là, tout de la vie.
« Il arrivait, ma raconté M. Sansot, que Renée Vivien se plaisait parfois à descendre vers la mer, au creux des rochers escarpés qui la surplombent, pour y évoquer sans doute, dans un cadre plus sévère, le grande ombre évanouie, dans les jours de désespoir où sa lyre à jamais se brisa. Or, un soir, il advint quétant partie avant la fin du jour, soudain un grand vent se leva et la tempête, en un instant, se trouva déchaînée. Dans la petite maison blanche on ne fut pas longtemps à sapercevoir de labsence de lhôtesse. Et lon sen rendit comte en même temps du danger quelle pouvait courir à se trouver dehors, avec ses fragiles vêtements dans le vent en furie, dans la pluie cinglante, dans le fracas du tonnerre et les éblouissements enflammés des éclairs
La petite servante Marie, qui savait les imprudences dont sa maîtresse était coutumière, devint aussitôt affolée, à la pensée que, dans sa gracilité, elle avait pu être saisie, enlevée comme un fétu de paille et meurtrie, tuée peut-être, par un choc trop violent ! Des gens du voisinage furent requis pour se mettre à la recherche de la disparue, et ce nest quaprès de longs efforts quon la retrouva enfin, toute mouillée, meurtrie aussi, mais tranquille et souriante dans le creux dun rocher, couverte dalgues ruisselantes. »
Il est probable que cette aventure ne fut pas étrangère à la maladie dont devait mourir quelques années plus tard, Renée Vivien.
En 1908 Renée Vivien se rend en Angleterre. De là, à la suite dun nouvel article que je publiais sur elle je reçus de la poétesse la lettre suivante :
« Vous mavez consacré une page adorable ! Merci !
Et vous évoquez un beau décor ce qui est appréciable lorsquon se morfond dans une laide ville anglaise.
Votre poète (sil nest point un fantôme créé par vous) devrait menvoyer cette photographie « dune femme très belle, une blonde aux yeux pers comme deux flammes » quil avait glissée entre les pages de mon livre
Jadmire intensément les blondes : quoique je préfère les rousses. Celles-ci sont plus féminines, plus perfides et plus passionnées.
Recevez avec mes remerciements renouvelés et très sincères je vous laffirme mes meilleurs sentiments de confraternité littéraire. »
Là sarrêtent les courts rapports épistolaires que jeus avec Renée Vivien. Chose amusante elle ne sut jamais et cest ce qui paraissait lintriguer beaucoup si son mystérieux correspondant était un homme ou une femme
En novembre 1909 Renée Vivien retourna dans son appartement de la rue Jean-Baptiste Dumas.
Et cest dans ce logis mystérieux quelle écrivit ses derniers vers parmi lesquels ceux-ci :
« Je nattends plus le luth ni la musicienne
Ni le jour glorieux Ah ! que la fin survienne
Renée Vivien, on le sait, morte à trente ans, repose au cimetière de Passy, non loin de Marie Bashkirtseff.Pierre Borel
--------------------------------------------------------
Pierre Louÿs, qui avait bien connu Renée Vivien, tente dans larticle ci-dessous, de faire la lumière sur les nombreuses hypothèses évoquées autour de la mort de Renée Vivien .
En effet, si lexistence de Renée Vivien fut souvent désignée de mystérieuse, sa mort nen fut pas moins obscure. On a souvent imaginé les dernières paroles de la poète (voir page 428 de la biographie écrite par Jean-Paul Goujon).
Le 18 novembre 1909, à six heures quarante-cinq du matin, Vivien séteignit. Lenterrement de Renée Vivien eut lieu à léglise Saint-Honoré, place Victor Hugo.
Pour la presse, elle était morte dune congestion pulmonaire. Ses amis qui lavaient vu sombrer dans lalcoolisme et lanorexie, restèrent perplexes.
Dans le texte ci-dessous, Pierre Louÿs, signant sous le pseudonyme de « un Passant », écarte lhypothèse de la congestion pulmonaire comme celle de la tuberculose.
Cristie Cyane
Intermédiaires des chercheurs curieux
N° 1276. Vol. LXII - 30 septembre 1910
Renée Vivien (LX ; LXII, 469, 527)
On a donné ici même, sur la mort de Renée Vivien, des renseignements inexacts. Voici les véritables. Je les tiens de source absolument certaine. Ils ne seront pas démentis.
Jamais Renée Vivien na eu le moindre symptôme de phtisie. Elle a quitté la vie par une de ces « morts bizarres » que Jean Richepin contait jadis. Elle est morte pour avoir avalé de travers. Voici comment.
Depuis de longs mois, elle souffrait dune maladie générale qui lobligeait à un régime strict, et qui se manifestait en particulier par des accidents paralytiformes assez graves. Ses jambes la soutenaient à peine.
Un jour, elle commit, pour se délivrer dun chagrin, une imprudence de régime qui devait lui être indirectement fatale.
Disons quil sagissait dune demi-bouteille de liqueur très forte Le soir, elle se mit à table. En quelques heures, la paralysie avait fait des progrès effrayants, et gagné la glotte. La première bouchée daliments quelle absorba fut avalée par la trachée, et détermina une pneumonie accidentelle dont le dénouement survint trois jours après. Telle est lexacte vérité.
Renée Vivien est enterrée au cimetière de Passy, dans un caveau de famille qui porte un seul nom, celui de son père : John Tarn.
Cétait une poétesse de tout premier ordre.
UN PASSANT
Intermédiaires des chercheurs curieux
30 septembre 1910
Renée Vivien (LX, 784, 873). La Revue (Ancienne Revue des Revues) a publié entre mars et mai 1910 si ma mémoire me sert bien une étude sur Renée Vivien, morte vers la trentaine, comme Maurice de Guérin, Emmanuel Signoret, Olivier Calemard de la Fayette, et tant dautres. À tous ceux-là, un « Dieu juste » accorda.
« Plutôt quun médiocre honneur,
de mourir jeune encore et lâme ivre
de volupté, dorgueil puissant, »
Dautre part, jai relevé dans une jeune revue les Argonautes (n° I janvier-février-mars 1910) deux poèmes inédits de cette poétesse, extraits dun volume en préparation chez Sansot.
Albert DESVOYES
Intermédiaires des chercheurs curieux
N° 1270. Vol LXII
Renée Vivien (LX ; LXII, 469)
Renée Vivien communiqua ses premiers vers à Mme Marcelle Tinayre ; plus tard, retouchés, arrivés à leur forme dernière, elle les publia sous le pseudonyme masculin de René Vivien. Puis, le prénom se féminisa les années passèrent, et un soir dhiver, en 1908, elle disait à lauteur de la Maison du Péché, et qui jemprunterai la citation qui suivra, quelques lignes plus bas :
- Quand je suis très triste, si seule, si malade, je pense que jaimerais à mourir catholique. Cest la seule religion où il y ait de la poésie et de la beauté
- Et souriante :
- Mais aucun prêtre ne me permettrait de garder mes idoles bouddhiques et de leur offrir tous les jours des pommes et du riz
Puisquil y a eu, de temps immémorial, des arrangements avec le ciel, il doit en exister aussi avec les minuscules statuettes orientales, car, ces statuettes, elle les laissa vraisemblablement dans sa demeure, jusquaux approches de la mort et pourtant :
Elle fit venir un prêtre qui lui parla avec délicatesse et douceur. Un peu plus tard, elle se remit à un moine dominicain qui ne cessa de lassister jusquà sa dernière heure Elle mourut, apaisée, purifiée, dans une extase damour et despérance. Jamais, me dit la vieille amie de son enfance, très pieuse catholique, qui lassista au jour suprême jamais elle ne pensa quun lieu de souffrance pût exister, enfer ou purgatoire Elle ne douta pas une seconde que Dieu ne la reçût dans la paix. Et elle dit, en mourant, quelle était heureuse, elle qui navait jamais prononcé ce mot »
Je puise ces renseignements dans le troisième numéro de Schéhérazade « album mensuel duvres dart et de littérature » dirigé par plusieurs jeunes poètes, Jean Cocteau, notamment ; larticle est intitulé : Trois images de Renée Vivien, par Mme Marcelle Tinayre.
Trois volumes de Renée Vivien, nouveaux, je pense viennent de paraître chez Sansot : Dans un coin de violette, Haillons, Le Vent des Vaisseaux.
Vraiment, on taille du marbre chaque année pour des écrivains moins intéressants.
Albert DESVOYES
--------------------------------------------------------
Les articles ci-dessous ont été ajoutés le 20 décembre 2003
Rrevue La Dixième Muse, 2003
Renée Vivien : le désir d'absolu
Tout
comme Sappho, le nom de Renée Vivien évoque pour beaucoup de gens
qu'une légende sulfureuse, celle de la "Sappho 1900" ou de
la "Muse aux violettes".
Pourtant, Renée Vivien est avant tout un destin et surtout l'une des
plus grandes poétesses du XXème siècle.
Celle qui souhaitait que l'art se suffise à lui-même et s'emportait contre toutes considérations biographiques ne peut, cependant être totalement comprise si l'on ne sait rien de sa vie. Bien sûr, on peut lire ses poèmes sans rien connaître d'elle mais Vivien écrivait pour vivre et vivait pour écrire. Vie et écriture sont intimement liées au point de dire qu'elle a probablement fantasmée sa vie en l'écrivant plus qu'en ne la vivant réellement.
De son vrai nom Mary Pauline Tarn, Renée Vivien est née en 1877 à Londres d'un père anglais, d'une mère américaine et morte à Paris le 18 novembre 1909 à lâge de 32 ans dans une grande déchéance physique, emportée par une pneumonie. Pauline Tarn va connaître une enfance ballottée entre la France et l'Angleterre.
Orpheline
très jeune, la mort de son père en 1886 représentera un
tournant dans la vie de la jeune Pauline qui se retrouvera sous la tutelle d'une
mère plus préoccupée par sa vie sentimentale que par son
amour pour sa fille et cest un doux « euphémisme ».
En effet, Mme Tarn nhésitera pas à détourner une
partie de la rente destinée à Pauline pour vivre pleinement avec
ses amants et tentera même de la faire passer pour folle pour sen
débarrasser.
C'est
à partir de cette époque que Pauline vouera une haine farouche
à sa mère, à l'Angleterre et aux hommes qui lui volaient
l'amour maternel. Devenue pupille de la nation pour échapper aux mauvais
traitements infligés par cette mère indigne, elle sinstalla
à Paris à sa majorité où elle vécut de la
rente laissée par son père.
De cette enfance difficile, il lui restera cependant le souvenir heureux des
années de pensionnat où elle recevra une éducation française,
se découvrira une véritable passion pour la musique, la poésie
et la littérature. Demeurera aussi une amitié passionnelle mais
chaste avec Violette Shilitto qui mourra à vingt ans, décès
dont Vivien ne se remettra jamais et qui sera probablement à lorigine
de son anorexie naissante. Cest cette même Violette qui, sans sen
douter, va peser grandement sur le destin amoureux de Vivien en lui présentant
un soir de septembre1899 celle qui deviendra son « initiatrice »,
Natalie Clifford Barney mais qui sera aussi la cause dune immense déception
amoureuse.
Contrairement, à Natalie Barney, qui était une grande séductrice et éprouvait un besoin sans cesse renouvelé de « papillonner », Vivien était la femme dun seul amour, dun amour absolu à la limite de limpossible. Les deux femmes vont donc connaître une relation orageuse faite de ruptures, de retrouvailles sans lendemain qui jalonneront la vie de Vivien mais qui causeront aussi un profond désordre psychologique. Renée, cependant, trouvera un pôle de stabilité sentimentale en rencontrant la Baronne Hélène de Zuylen qui se montrera très « protectrice » mais qui finira par se lasser des infidélités de sa compagne avec Barney.
Au milieu de ces amours tumultueuses, Vivien va également connaître une passion amoureuse mais surtout épistolaire avec une jeune femme turque, Kérimé Turkhan Pacha qui symbolisait lOrient enchanteur et mystérieux qui avait fasciné bon nombre de poètes du Dix-neuvième siècle. Elle nhésitera pas, au cours de ses multiples voyages, à aller à Constantinople pour rencontrer sa « princesse orientale ». Mais cet amour lointain se traduira plus dans le rêve de lamour poétisé qui correspondait si bien à lintellect de Vivien. Cette relation va lui permettre dentretenir une correspondance épistolaire qui est, indéniablement, une partie intégrante de loeuvre viviennienne. Bien que répétitives ces lettres nous permettent de mieux comprendre le cheminement psychologique de lauteur qui crée son histoire, lécrit, la nourrit, la rêve ce qui fera dire à son ami Charles-Brun que « le rêve lui paraissait infiniment plus réel que la réalité, ou plutôt seul réel ». Ces lettres enflammées ne sont toutefois pas dépourvues de très beaux cris damour auxquels il est impossible de rester insensible :
« Les feuillages sur ton balcon abritent notre joie tremblante.. jentends tes faibles et doux soupirs... Et cest autour de nous le silence cher à lamour. Tes yeux semblent plus vastes et plus profonds encore, au fond de cette ombre. Et tu me murmures, infiniment suave : je taime... Moi je temporte dans les étoiles, la nuit est à nous.... ». Cette relation ne serait probablement quanecdotique si elle navait pas donné lieu à une aussi vaste correspondance. En fait, la vraie vie et loeuvre de Vivien ont résidé avant tout dans son combat contre une société androcentrique et dans le désir dun amour impossible. Rejet de lhomme « cet être repoussant », rejet du mariage, refus de la maternité, rejet du monde qui lentoure et surtout affirmation de son homosexualité à une époque où il était quasiment impossible de le faire, Vivien ose prendre la parole.
Une femme devient enfin non « objet » littéraire mais sujet pensant et sujet actant ce qui dans la société de la Belle Epoque représentait un suicide annoncé. Si ces premiers recueils de poésie furent très bien accueillis et lui apportèrent la reconnaissance de ses paires, les choses se gâtèrent dès 1903 lors de la parution de « La Vénus des Aveugles » qui lui vaudra lincompréhension des critiques et le début dune longue et lente descente aux enfers. Ce recueil emprunt de fantasmes, donirisme, de romantisme noir nest pas sans rappeler les Décadents. Images macabres où se côtoient des noyés, des succubes, des démons, La Vénus des Aveugles est sans aucun doute un hymne à la mort qui fera dire aux critiques choqués que Vivien est une hystérique et une névrosée. Pour couronner le tout cest à la même époque quelle fera paraître LEtre Double, oeuvre qui peut être considéré comme un manifeste de la pensée de Vivien puisquon y retrouve la critique véhémente de la maternité, lapologie du bouddhisme, le rejet de la société.
Paraît
également à la même époque ce qui sera LE roman de
Vivien « Une femme mapparut », véritable révolte
contre lordre social.
Cest à partir de cette date quelle va rompre tout contact
avec les critiques littéraires qui seront plus prompts à condamner
son saphisme de façon grossière et humiliante plutôt quà
faire état de ses parutions. Dun talent unanimement reconnu, Vivien
se retrouve vouée aux gémonies de la critique et un réel
malaise sinstalle face à cette femme qui nhésite pas
à écrire à la première personne. Le lesbianisme
de Vivien va déchaîner la haine et ce nest plus lart
poétique qui sera jugé mais sa vie privée.
Déprimée par lincompréhension, la hargne ambiante et des amours plutôt cahotiques, Vivien sombre petit à petit dans lanorexie et dans lalcoolisme. Il ne faut pas y voir une faiblesse de caractère mais plutôt une façon de se révolter ! Lanorexie de Vivien est un rejet du corps, un rejet dêtre vue comme une femme de désir se soumettant au besoin de son corps et par-delà même se soumettant à lordre patriarcal. Le rejet de ce corps de femme cest aussi le rejet de la possibilité denfantement, cest en ce sens que lanorexie devient révolte mais aussi danger pour lordre établi. Mais il ne faut pas non plus négliger laspect mystique de ce rejet. Vivien veut se départir de son corps au profit de son âme, au profit dun mysticisme forcené en rivalité permanente avec le désir charnel.
En
effet, il est frappant de voir à quel point elle tentera, par les expressions
employées tout au long de son oeuvre, de conjuguer mysticisme et lesbianisme.
Cette aspiration à la fusion charnelle, à la communion sensuelle
mais pure ( nest-ce pas antagoniste ?) la mènera sans cesse à
la désillusion amoureuse et à lincapacité dêtre
heureuse. « Il ny a pas damour heureux » a chanté
Aragon.
Vivien aurait pu faire sienne cette devise. Même si loeuvre contient
de réel moment de sérénité, de tendresse, lamour
est partout source dincommunicabilité, dabsence de plaisir,
daliénation physique. On saperçoit que finalement
Vivien se trouve prise au piège de la réalité de son époque.
Elle a intériorisé sans le vouloir les schémas de lhétérosexualité
et les rapports féminins sont inscrits sous le signe dominantes/dominées
donnant lieu parfois à des scènes de violence qui créent
un réel malaise.
Enfermée inconsciemment dans lidéologie patriarcale quelle haïssait, rejetée à cause dun radicalisme total, assoiffée de beau et dabsolu, Vivien était habitée par un réel génie poétique malheureusement voué à léchec dans le contexte de lépoque. De plus, elle eut le malheur darriver dans une période charnière de la littérature, où de nouveaux mouvements étaient en train de naître et de prendre de lessor ce qui la précipita plus rapidement dans un oubli injuste. Mais nest-ce pas Voltaire qui disait : « Il est assuré de survivre : on le lit peu » ? Alors sans aucun doute la postérité de Vivien est assurée.
Pour
en savoir plus :
- Virginie Sanders, Vertigineusement, jallais vers les étoiles...,
éditions Rodopi, 1991
- Jean-Paul Goujon, Tes blessures sont plus douces que leurs caresses, R Deforges,
1986
- Allez sur le superbe site de Cristie Cyane www.vivien1900.com
- Eventuellement me contacter patricia.carriou@wanadoo.fr (actuellement je fais
une thèse sur Vivien).
Patricia Carriou
-------------------------------------------------------------------------------
Introduction
du recueil "La Vénus des Aveugles" de Renée VIVIEN
édition La Bartavelle
écrite par Luc Decaunes :
La
Vénus des Aveugles nest certainement pas, malgré son étrangeté
le titre le plus fréquemment cité quand il est question de Renée
Vivien ; ce recueil fut même, à sa parution, accueilli avec réserves
par une critique visiblement désorientée.
Cest pourtant, selon moi, le plus original et le plus attachant de lauteur,
celui où, sans atteindre à la vraie maîtrise quelle
neut pas le temps dacquérir, dans limpatient vertige
de ses amours et de ses angoisses, ni surtout sans savoir porter un regard critique
suffisant sur ses propres écrits, elle fait éclater en maintes
fulgurances la violence expressive dun érotisme conquérant,
exigeant, parfois presque vindicatif.
Mais cest dabord et avant tout sur le plan formel que La Vénus
des Aveugles se signale. Apparaissent ici des efforts portant sur la disposition
des vers, lentrelacement des rimes, la variété des rythmes.
Lemploi de mètres impairs sy remarque notamment.
Ces recherches formelles se manifestent aussi dans lagencement des strophes.
Renée Vivien procède volontiers par imitations au sens quà
ce mot en musique ; certains vers sont repris avec de légères
modifications, de subtils décalages, ou bien sont utilisés comme
des thèmes musicaux. Visiblement, lauteur ne craint plus dencourir
le reproche de monotonie, car cest pure volonté esthétique.
On peut voir ici quelle a bien lu Baudelaire, mais surtout quelle
a découvert lart suprême de Charles Cros, merveilleux virtuose
du vers à qui elle rendra un hommage posthume en finançant, avec
la plus rare discrétion, une nouvelle édition du Coffret de Santal,
la troisième en 1903.
Est-ce leffet des passions exprimées, auxquelles Renée sabandonne avec une ardeur de plus en plus possessive ? Ses images sont soulignées, accentuées, creusées comme des gravures à leau-forte ; leur relief a même quelque chose de provocant. Et son vocabulaire aussi est comme enhardi, fortifié de ses désirs impérieux. Les caresses, les étreintes, les sentiments eux-mêmes ont une sorte de violence fauve que le désespoir intime fouette, exaspère.
Et
certes, lunivers tragique et pantelant des « femmes damnées
» de Baudelaire est bien évidemment tout proche, avec son tourment
de linfini et ses violences inapaisées car, chez Renée Vivien,
aussi, il ny a nul apaisement, et lextase, à peine retombée,
est toujours suivie dun rebond angoissé.
Mais plus secrètement proche encore est la chambre brûlante où
se contemplent et se pâment les Amies de Verlaine, rappelons nous :
« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »
Oui, lêtre érotique de Renée Vivien semble bien sortir,
tout vibrant et moite, autant de lalcôve verlainienne que de la
couche parfumée de lantique Sapho. Et cette Vénus des Aveugles
en est comme le triomphe.
Malheureusement, comme je le laissais entendre en commençant, le poète
semble avoir été incapable dopérer un tri dans ce
quelle écrivait sous la pression de ses fièvres amoureuses
ou de ses pressentiments funèbres. Ce recueil contient quelques textes
dont la présence est vraiment désastreuse, propres à consterner
le lecteur (celui les repérera sans peine , car ils tranchent sur une
majorité de réussites). On croirait que lauteur soudain
cesse dentendre ce quelle écrit. Ces erreurs doreille,
ces fautes de goût, lidéal eût été den
opérer nous-mêmes lablation, de ne garder, de cette Vénus
des Aveugles, que le meilleur, et quel livre, alors, quel recueil fascinant
!
Mais notre entreprise étant de restituer un ouvrage tel quil
parut pour la première fois, nous le devons donner dans la version originale.
Au lecteur, donc, de procéder lui-même à léloignement,
à loubli, de ces quelques pages regrettables, et de rétablir
en sa secrète unité cette tension intérieure, semblable,
par quelque côté, à celle qui règne dans la musique
de Varèse, dont la poésie de Renée Vivien se trouve habitée,
dans ses meilleurs moments, et qui la sauve. Tension obscure, dramatique, fatale,
qui est celle même de son être inassouvi.
Or, chez Renée Vivien, ce qui est beauté inoubliable, cest le halètement secret du texte, un texte tout formé dappels, de caresses, de gémissements, physiquement nommés. Cest pourquoi la poésie de Renée Vivien, fille de Lesbos, reste chère à tous ceux qui ont ladoration du corps féminin et de ses voluptés infinies.
Montreuil,
2 février 1992
Luc Decaunes
© 2004 Tous droits réservés.
Ces articles sont, conformément au code de la propriété intellectuelle, sous la propriété des auteurs cités. Pour toute utilisation, il est impératif de demander l'autorisation aux auteurs.
-------------------------------------------------------------------------------
sous format PDF (Acrobat Reader) :
___________ (Les Chroniques : revue Le Divan , Henri Martineau, 1910)
____________ (Les Chroniques, Henri Martineau, 1910)
___________ (Nos femmes de lettres, Paul Flat, 1909)
___________ ( Revue Minerva : Le romantisme féminin, Charles Maurras, 1903)