À son professeur et meilleur ami, Charles-Brun
"Mon amour pour Elle est déjà chuchoté à Londres, cela empêchera ma sur de se marier, cela achèvera daffoler ma mère déjà très nerveuse, cela minterdira presque toute société humaine (on me dit que cela mènera à la folie), et je laime, voyez-vous, dune passion si tenace et si terrible que RIEN ne peut me séparer delle, (que je brave toutes les conséquences), que je choisirais la folie et la mort et la désolation des êtres qui sont liés à mon existence plutôt que darracher cet amour douloureux. Je puis tout supporter pour Elle seule, la perte dElle me jetterait à labîme."
(24 mars 1901)
Lettres à Kérimé
Lettre n° 9, 1904
"Ecrivez-moi encore, encore Je bois vos paroles comme si je les aspirais sur vos lèvres.
Vous ne me connaissez point encore, ma Douceur, et déjà vous me jugez mal. Je ne suis point volage.
Natalie fut mon premier amour. Lorsque, désespérée de ne jamais posséder son âme comme javais possédé son merveilleux corps de femme, jai voulu loublier. Je ne vois plus Natalie. Elle doit maimer aujourdhui parce que je lui échappe. Mais Natalie est une âme chimérique : elle ne désire que ce quelle ne possède point Natalie ne se cache point. Ses opinions amoureuses sont aussi connues, aussi publiques que les miennes. Ni lune ni lautre nous ne nous cachons dêtre les disciples de Psappha la lesbienne."Lettre n° 15, début 1905
"Jai reçu le cher anneau avec une immense joie. Et le doux symbole de ces curs unis ma rendue heureuse infiniment. Je me sens chaque jour plus fervemment éprise. Vous êtes en moi, vous êtes autour de moi, vous êtes devenue ma pensée même.
Mon cher rêve vivant, quand vous étreindrai-je enfin ? Vous êtes si belle, si belle que j'en ai l'âme émue et ravie. Vous ne devinerez jamais à quel point vous mavez charmée !"Lettre n° 29, Constantinople, août 1905
"Il me reste dix minutes avant le départ ma Maîtresse infiniment douce : jen profite pour te griffonner ces quelques lignes tendres
Demain je serai si loin, si loin de toi ! Et quelle tristesse, lorsque jévoquerai la maison charmante où je tai aimée, où je tai rencontré pour la première fois. Ma si belle, ma si tendre amie, combien de souvenirs, déjà entre nous !
De si loin, mon désir te cherchera. Et tu sauras que, par la pensée, je te possède à nouveau. Jamais tu ne fus plus belle ni plus adorable que pendant ces derniers jours si parfaitement beaux
Je suis reconnaissante à la vie de mavoir accordé un si beau bonheur, un rêve si extraordinaire. Car jamais un poète ne vécut un songe plus adorable : jamais aucun poète naura une aussi merveilleuse maîtresse. Je tadore."
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